dimanche 23 mai 2010

La reconquête du mois de juin

C.C, qui est une enseignante avisée, dénonce l’ineptie de la « reconquête du mois de juin », chère à notre ex-ministre Xavier Darcos.

Pour une fois, je vais faire l'avocat du diable et proposer quelques solutions pour que cette « reconquête » ne se passe pas trop mal...

- Si on continue à lâcher les élèves en fin mai, alors ils auront 3 mois de vacances... Et après on se plaindra que le 3e trimestre aura été trop court et qu’on n'aura pas réussi à boucler les programmes !

- Si on faisait les conseils de classe en fin juin, plutôt qu’en fin mai, les élèves seraient un peu plus motivés à travailler un mois de plus.
La « reconquête du mois de juin » passe aussi par une ré-organisation administrative !

- D’ailleurs, si l’Administration de l’établissement faisait l’effort de mettre en place de nouveaux emplois du temps aménagés, qui tiendraient compte des absences des professeurs (convocations), alors la Vie Scolaire n'aurait pas à gérer des élèves qui zonent dans les couloirs, à longueur de journée. Je précise que c’est possible, pour l’avoir vécu l’année dernière.

- Si, dans le pire des cas, on poursuivait les évaluations au mois de juin, même après les conseils de classe, ça ferait des notes pour le premier trimestre de l’année prochaine (à négocier avec leur prochain professeur, qui sera ravi d’accepter un tel cadeau : une évaluation déjà corrigée !).

Lannée dernière et pour la première fois, j’ai joué le jeu de la « reconquête du mois de juin ». J’ai fait bosser et évalué mes élèves jusqu’au 2 juillet.
Je me souviens encore des regards ahuris des surveillants qui entraient dans ma classe. Et pour cause… Comme me disaient mes élèves, tout au long du mois de juin : «Monsieur, y’a plus que vous qui nous faites travailler ! Avec les autres profs, on discute, on regarde des films ou on va en salle informatique !» ("information" à prendre avec des pincettes, mais quand même... !).

Je peux comprendre que les collègues (enseignants, Vie scolaire ou Direction) fassent "de la résistance" : en ce qui me concerne, j’avais fini le 2 juillet sur les rotules. Mais ne pas trouver le moyen de faire autre chose que de la "garderie", c’est le risque de perdre une partie de sa crédibilité.
Cette année, dans mon lycée, plusieurs classes partiront en stage au mois de juin.
Ca n'est pas grave : j’aurai bouclé mon programme ; et de toute façon, que les élèves partent pendant deux mois ou trois mois, ils reviendront amnésiques en septembre prochain !

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