dimanche 23 octobre 2011

6 ans et responsable de ses parents

« Si nos méthodes ne vous conviennent pas, vous n’avez qu’à changer votre fils d’école ! », m’a balancé le Directeur de l’école de mon fils (bientôt 7 ans), jeudi dernier.

C’est que j’avais commis un crime de lèse-Majesté...
Quand sa maîtresse m’avait écrit « La dictée de Mathieu n’a toujours pas été signée. La prochaine fois il sera puni », j’avais osé répondre « C’est aberrant. Les enfants ne sont pas responsables des oublis ou négligences de leurs parents. C’est l’inverse qui est (parfois) vrai ».

Alors quand ce Directeur m’explique en termes choisis que son école, je l’aime ou je la quitte, il se trompe.

Il se trompe parce que les règles peuvent évoluer, d'abord par la concertation et la négociation. Mais j’ai eu l’impression qu’un directeur / professeur d’enfants de 10 ans, n’a pas vraiment l’habitude d’être contredit.
Pourtant, si les règles ne peuvent changer, c’est qu’elles sont dogmatiques, gravées dans la pierre comme les Dix Commandements.

Il se trompe aussi parce que quand certaines « méthodes » sont injustes ou illégitimes, il n’est pas à l’abri d’une plainte d’un parent auprès de l’Inspection Générale, qui pourrait le contraindre à faire évoluer ces règles.

Pour se justifier, ce Directeur m’explique que dans le collège machin-chouette, les élèves sont aussi punis quand les parents font défaut.
J’ai failli répondre qu’il existe aussi des endroits où on torture les hommes, où on lapide les femmes et ou on viole les enfants ; mais ça aurait été excessif et je serais passé pour un parent hystérique… ;)

Il m’a aussi expliqué qu’il faut responsabiliser les enfants.
Sûrement. Mais on ne peut être responsable que de ce qu’on maîtrise, et un enfant de six ans n’a aucun pouvoir réel sur ses parents (mis à part le pouvoir de leur faire peur quand il est "pris en otage").

Je préfèrerais que mon fils soit puni pour ses propres erreurs, par exemple quand il ne fait pas le travail demandé en classe. Mais étrangement, ce n’est pas le cas...

Attention : je ne remets pas en question le professionnalisme, l’investissement et la bonne volonté de ce Directeur et de cette Maîtresse, qui veulent à juste titre que les enfants aient des règles et que leurs parents assurent le suivi de leur scolarité.
Mais à mon avis, les méthodes "vieille école" sont inefficaces quand elles privilégient l'Ordre sur la Justice.

2 commentaires:

  1. Tu devrais faire une petite lettre au Conseil d'Ecole, en rappelant qu'en France, toute faute, même disciplinaire, ne peut être reprochée qu'à son auteur et non pas à un membre quelconque de sa famille. Que la remarque qui t'a été faite témoigne d'une ignorance de l'enseignant relativement à cette règle importante du droit disciplinaire et a fortiori du droit pénal. Que, bien plus grave, le Directeur de l'école a justifié et soutenu cette remarque illégale de l'institutrice. Que dès lors, tu précises qu'en cas de nouvelle menace de sanction inappropriée envers ton enfant, tu saisiras le Défenseur des enfants auprès du Défenseur des droits.
    Tu précises que s'agissant de la signature de la dictée, tu t'excuses de ne pas avoir eu de stylo sous la main quand tu as lu le cahier de ton fils.
    En même temps, tu saisis de l'incident la Fédération des parents d'élèves, car l'incident n'est pas anodin.
    L'instit et le directeur vont te faire la tête, c'est sûr, mais à cons, con et demi ... De tels instit disqualifient l'école. faut pas te laisser faire.

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  2. Apolline, tu es encore plus remontée que moi !
    Mais tant que ce genre de "menaces" n'est pas exécutée, je ne vais pas faire de vagues... seulement montrer les dents.
    Et puis je ne veux pas entrer en conflit avec des gens qui croient bien faire ; j'espère qu'avec le temps, ma contestation remettra en question certaines règles, pacifiquement !

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