mercredi 9 novembre 2011

Le permis à points pour les sauvageons

Mon fils est récemment rentré de l'école avec le genou en sang. Il m'a expliqué qu'il avait été violenté, une nouvelle fois, "par un grand" (traduction : par un abruti de CM1).

Le directeur de l'école m'a expliqué que l'enfant avait été puni... Comment ? : "On lui a enlevé un point", sur les 10 points dont dispose chaque élève en début d'année.
Dix points... et pourquoi pas 72 ?
Et quand l'enfant a perdu tous ses points ? : "On convoque la famille et on essaie de trouver ensemble une solution". Waouh !!!

J'ai fait un calcul simple : à raison de 4 jours d'école par semaine, mon fils peut donc se faire tabasser tous les jours pendant 2 semaines et demi, avant que l'équipe éducative ne réagisse !

D'autre part, chacun sait que les enfants sont incapables de se projeter dans l'avenir, jusqu'à la fin de l'adolescence. Alors à 10 ans...
Comme l'écrivait Daniel Pennac dans son livre "Chagrin d'école" : "Une constatation préalable : adultes et enfants, on le sait, n'ont pas la même perception du temps. [...] Or, pour le petit, chacune de ces années-là vaut un millénaire ; à ses yeux son futur tient tout entier dans les quelques jours qui viennent. Lui parler de l'avenir c'est lui demander de mesurer l'infini avec un décimètre."

On veut "responsabiliser les enfants" avec des méthodes adaptées aux adultes.
Mais si "l'enfant est une personne" (Françoise Dolto), l'enfant n'est pas un adulte en miniature !
Tout ce que ce gamin a compris, c'est qu'il a échappé à la punition et qu'il a eu droit à l'impunité.

Face à l'impuissance de la communauté scolaire pour défendre mes enfants, je ne vois que deux solutions pour faire face aux violences répétées :
- soit alerter les autorités (Inspection académique, gendarmerie, etc) et réclamer une exclusion de l'enfant vers une autre école,
- soit inciter mes enfants à se défendre brutalement, en cas d'attaque.

PS : le mot "sauvageon" est une allusion ironique à l'expression célèbre de Jean-Pierre Chevènement.

2 commentaires:

  1. Une exclusion pour une bagarre ?... Pas commodes les papa prof quand même !

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  2. Non Axel, pas pour une bagarre... mais pour des agressions répétées qui peuvent aller jusqu'au sang.
    Si tu te faisais tabasser par un collègue toutes les semaines, qu'il t'envoyait régulièrement sur le bitume et que tu rentrais chez toi les genoux en sang... n'aurais-tu pas envie de réagir fermement ?
    Mais c'est ainsi... Les enfants doivent endurer quotidiennement, ce qui plongerait n'importe quel adulte dans la dépression nerveuse !

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